Le faible taux de décaissement: pourquoi il est toujours évoqué?

Le faible taux de décaissement: pourquoi il est toujours évoqué?

Le faible taux de décaissement auprès des bailleurs ne date pas d’hier car même pour le Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté, 2ème génération (CSLP II), on n’a pas dépassé 20% de mobilisation. Pour le cas du Fonds européen de développement (FED), d’autres pays sont au 7ème ou 8ème FED tandis que le Burundi est à peine au 2ème FED. Le directeur national de Parcem, Faustin Ndikumana, dit que cette situation est devenue endémique. C’était lors d’une analyse qu’il a fait ce mercredi 15 octobre 2025.

Là où le bas blesse, est que ces financements sont destinés à la construction des routes, des barrages, des adductions d’eaux, de la santé, de l’éducation mais aussi des contributions des réserves en devises. La conséquence n’est autre que l’état actuel des infrastructures, de l’approvisionnement en carburant, de l’internet. Cela diminue la confiance des partenaires, actuellement même pour un petit décaissement, l’autorisation est prise ailleurs car les bailleurs n’ont plus confiance de la capacité de gestion de l’administration burundaise.

La cause n’est autre que la corruption qui est devenue endémique ainsi que le clientélisme devenu monnaie courante dans les nominations des personnes pour diriger ces projets. Des fois, des cadres sont nommés non pas par compétence mais en échange de donations à leurs mentors ou selon l’influence de leurs parrains.

Faustin Ndikumana trouve qu’il est grand temps de rectifier le tir et demande aux dirigeants burundais de couper cours avec les discours comme quoi: «On se suffit, on n’en veut plus, l’aide au développement n’est pas nécessaire ». Alors que même au sein du budget de l’Etat, il est prévu une rubrique: «financement des appuis des projets de plus de 1300 milliards de BIF». Il se demande pourquoi, ne pas enlever cette rubrique. A-t-il souligné.

Le Directeur national de Parcem, demande de passer aux solutions suivantes: accepter d’abord que le Burundi a encore besoin de l’aide publique pour son développement, surtout pour la construction des infrastructures. En 2010, la Banque Africaine de Développement (BAD) avait estimé que le Burundi a besoin de plus de 6 milliards de US, équivalent aujourd’hui à 10 milliards de US comme besoin en infrastructures afin de créer les fondamentaux de la croissance économique. Faustin Ndikumana se demande comment, on peut mobiliser un tel montant, à partir des exportations tant prônées par les hautes autorités. C’est presque impossible d’après lui.

Il propose la mise en place d’une gestion axée sur les résultats, au cas échéant, organiser des concours dans le recrutement des experts nationaux ou étrangers dans l’élaboration et la gestion des projets de développement au lieu de continuer de sacrifier la vie des millions des burundais pour la seule raison de donner un emploi à un burundais incompétent.

Il faut en outre privilégier la viabilité et les dividendes que ces projets vont générer pour l’intérêt général.

F.H.
#Burundi #Economie

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