Le président de l’OLUCOME, Gabriel Rufyiri, a déclaré ce 19 mai 2026 à Bujumbura que son organisation pourrait engager des poursuites contre l’État burundais ainsi que le parti CNDD-FDD si ceux-ci ne se retirent pas de la gestion des coopératives Sangwe.
Lors d’une conférence de presse, Gabriel Rufyiri a affirmé que plus de 58 milliards de francs burundais auraient été injectés par l’État dans les coopératives Sangwe réparties sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, une grande partie de ces fonds aurait été mal gérée et risquerait d’être perdue.
Le responsable de l’Olucome accuse également les représentants locaux du CNDD-FDD d’exercer une influence directe dans la gestion de ces coopératives, ce qui, selon lui, serait contraire à la Constitution et aux principes encadrant le fonctionnement des coopératives.
Appel à une gestion indépendante
Gabriel Rufyiri demande au gouvernement et au CNDD-FDD de publier une déclaration officielle confirmant leur retrait des coopératives Sangwe afin qu’elles soient administrées de manière indépendante, comme les autres coopératives du pays.
Il souhaite également que l’ANACOOP, l’organe chargé du contrôle des coopératives, dispose de moyens suffisants pour assurer un suivi efficace et indépendant de ces structures.
Menace de poursuites judiciaires
Le président de l’Olucome avertit que si aucune mesure n’est prise, son organisation saisira la justice. Selon lui, « il est inacceptable que des fonds provenant des impôts payés par tous les Burundais profitent uniquement aux membres du parti au pouvoir ».
Gabriel Rufyiri réclame par ailleurs le remboursement intégral des sommes allouées aux coopératives Sangwe, sans aucune perte pour l’État. Il demande aussi que les personnes reconnues coupables de détournement soient sanctionnées et contraintes de restituer les fonds.
Selon lui, les responsables des coopératives concernées sont identifiables, affirmant que leur gestion serait assurée, au niveau des collines, par des groupes de cinq personnes dirigés par les représentants locaux du parti au pouvoir.
Pour appuyer ses accusations, Gabriel Rufyiri cite notamment des communiqués récemment diffusés par des responsables provinciaux du CNDD-FDD invitant les membres des coopératives à se préparer à des missions d’évaluation. Il évoque également l’implication du président de l’Assemblée nationale, qui se serait lui-même rendu sur le terrain dans le cadre du suivi de ces coopératives.
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