La lutte contre la corruption exige une volonté politique et des institutions fortes

La lutte contre la corruption exige une volonté politique et des institutions fortes
Faustin Ndikumana
Directeur National de PARCEM

Les sanctions sévères contre les corrompus et les corrupteurs, la volonté politique, des institutions fortes et indépendantes sont les éléments clés de lutte contre la corruption. Tels sont les propos du Directeur National de Parcem, Faustin Ndikumana, lors d’un atelier d’échange organisé par Parcem ce mardi le 6 mai 2025 en Mairie de Bujumbura.

Le thème de l’atelier était libellé comme suit: ‘’ Echange des acteurs sur l’utilité de la stratégie nationale de la lutte contre la corruption et les principales priorités qui pourraient en faire partie’’. Le professeur Michel Masabo, conférencier du jour dans cet atelier, a montré les priorités qui pourraient faire partie dans cette nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption qui est en cours d’élaboration. Il est revenu sur la sensibilisation et la participation citoyenne. Il a montré que les citoyens doivent savoir les effets de la corruption, les bienfaits de la lutte contre la corruption ainsi que la prise de conscience des conséquences néfastes sur l’économie d’un pays corrompu.

Michel Masabo a aussi évoqué certaines lois qui sont lacunaires comme la déclaration des richesses des hauts cadres de l’Etat dès leur prise de fonctions et à leur sortie de ces fonctions. Il a dit qu’il n’y a aucune mesure répressive contre celui qui ne déclare pas ses biens. Sur ce, il a proposé la révision du cadre légal, l’assainissement de la justice et la mise en place de la machine répressive. En effet, l’appareil judiciaire doit avoir des personnes propres qui sont prêt à sanctionner qui que ce soit. Et les institutions de contrôle telles que la Cour des comptes, l‘Inspection général de l’Etat ainsi que le Parlement doivent être renforcées.

Le Professeur Michel Masabo

Pour pouvoir lutter efficacement contre la corruption, Michel Masabo a proposé des pistes de solutions. Dans ce combat de lutte contre la corruption il a recommandé la mise en place d’une structure de coordination. Sur ce, il a proposé le retour du ministère de la bonne gouvernance, la sensibilisation de la population sur le retour des valeurs ‘’d’Ubuntu’’, le respect de la chose publique et la promotion de l’intégrité dans tous les secteurs. Il a en outre dit que le système d’alerte dans tous les services de l’Eta, est un autre moyen de lutte contre la corruption. Le professeur Michel Masabo a proposé aussi qu’il y ait la liste noire des entreprises et individus corrompus.

Le professeur Michel Masabo a signalé qu’il y a deux sortes de corruption à savoir la petite corruption afin de bénéficier un service public et la grande corruption qui se passe particulièrement dans la passation des marchés publics. Le constat amer est que la petite corruption est plus sanctionnée que la grande corruption. On a l’impression que les auteurs de la grande corruption bénéficient d’une forme d’immunité. A renchérit le professeur Michel.

Il a notamment indiqué que le Burundi devrait s’inspirer à d’autres pays qui ont pu réduire la corruption d’une façon satisfaisante. Il a pris l’exemple des USA qui lors des années 1930, le pays était gangrené par la corruption. Mais les leaders ont pris des mesures répressives sévères pour décourager cette pratique. Faustin Ndikumana, directeur de la Parcem, a aussi conclu dans ce sens en disant qu’en Chine, il y a encore la peine capitale pour les coupables de la corruption.

Participants à l’Atelier

Le premier ministre de Singapour a aussi fait le choix de châtier sans pitié même ses proches ou ses collaborateurs suspectés de corruption. Il a souligné que la vision du Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 restera utopique tant que la situation de la corruption resterait tel qu’elle est actuellement.

F.H.
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