Le budget de l’Etat devrait s’inspirer des besoins réels des citoyens

Le budget de l’Etat devrait s’inspirer des besoins réels des citoyens
Chaque année, on vote un budget alloué au fonctionnement de l’Etat, mais un citoyen ‘’lambda’’ a besoin de savoir, ce que ce budget lui sert dans sa vie quotidienne. Cela a été dit par Faustin Ndikumana lors d’un atelier d’échanges organisé par Parcem autour des enjeux de la nouvelle loi des finances pour l’exercice 2025-2026 « transparence et priorités budgétaires » ce mardi 18 août 2025 dans la ville de Bujumbura.
Dans ce budget, Faustin Ndikumana a montré les secteurs qui se taillent la part du lion. Il s’agit de la présidence de la République, du ministère ayant les finances dans ses attributions mais dont 60% de ce budget sera alloué au remboursement de la dette. Il a aussi cité le ministère de la défense et des anciens combattants qui a vu son budget augmenté à 200 milliards de Fbu. Le directeur national de Parcem ne trouve pas les raisons d’augmenter ce budget du moment que la paix règne dans le pays. Le constant amer est que les secteurs porteurs de croissance sont mis au second rang selon lui.
Faustin Ndikumana a montré les piliers qui devraient guider la bonne gouvernance comme source de développement. Il s’agit de la stabilité politique c’est-à-dire la liberté d’expression, la cohésion sociale, l’élection etc. Un autre pilier est la lutte contre la corruption c’est-à-dire la transparence dans la passation des marchés publics et la lutte contre l’enrichissement illicite.
Le troisième pilier est la stabilité macroéconomique qui se manifeste par le respect des lois, le respect des contrats pour inciter les investissements directs étrangers ainsi que l’assainissement de l’environnement des affaires. Le quatrième pilier et pas des moindres est la coopération. Pour Faustin Ndikumana, aucun pays au monde ne peut se suffire, le Burundi étant ce qu’il est actuellement, ne peut en outre prétendre à ériger une infrastructure digne de son nom sans appui des bailleurs.
Au cours de cet atelier, l’un des orateurs du jour, Maître Jean Claude Nzigamasabo a relevé les dispositions de la loi budgétaire qui sont à l’écart de la bonne gouvernance. Il est parti sur certains principes notamment celui de la stabilité ou de la prévisibilité des lois. La loi budgétaire qui a toujours eu des dispositions qui changent chaque année déstabilise ou désintéresse les investisseurs.
Actuellement la loi budgétaire en vigueur a 15 dispositions modifiées et 30 nouvelles dispositions introduites.
Jean Claude Nzigamasabo a rappelé que la loi budgétaire s’inspire de la loi de l’impôt sur les revenus, la loi sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi que la loi sur les redevances et procédures administratives. Comme conséquence, l’instabilité de la loi pousse l’Etat à débloquer des fonds pour sa vulgarisation.
Un autre principe énoncé est celui de la légalité et de la conformité à la constitution. Ce principe appelle ceux qui sont censés à appliquer des lois de s’y conformer. Il leur rappelle de ne pas aller en dehors de ce qui est prescrit. Il a pris l’exemple de ceux qui imposent les amandes qui ne sont pas prévus par la loi comme moyen de châtier les récalcitrants.
Un autre principe évoqué est celui de la participation. Ce dernier prône l’approche participative, il devrait s’appuyer sur les avis des acteurs dans l’élaboration de la loi budgétaire. Cela signifie que les représentants des contribuables, des experts, de la société civile et d’autres forces vives de la nation devraient être consultés.
Selon ce consultant, ce n’est pas une loi d’une institution, mais c’est une loi qui concerne tout le monde. Sur ce principe Agathon Rwasa qui était député dans l’ancienne législature a précisé que même au parlement la loi budgétaire est analysée à la va vite. En principe, le mois d’avril devrait être réservé à une session budgétaire, mais ce projet de loi est étudié au mois de mai ou de juin.
F.H.

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