Dieudonné Nahimana: Un homme d’église peut s’intéresser à la politique car c’est la gestion de la cité.
Dieudonné Nahimana, est un candidat indépendant aux élections législatives du 5 juin 2025. Il est le représentant légal de la Fondation qui porte son nom DNF qui s’intéresse principalement à faire espérer la nouvelle génération ainsi qu’à les aider à identifier leurs potentiels. C’est dans un entretien accordé au journal Imboneza News ce jeudi 22 mai 2025 période de la campagne électorale.
Sa Fondation vise aussi à équiper les initiatives des jeunes qui ont besoin d’être développés. En dernier lieu il vise à investir dans les initiatives des jeunes afin de leur donner un coup de pousse ne fût-ce que pour commencer à leurs projets.
Dieudonné Nahimana, dit qu’il s’intéresser à la politique en tant qu’homme d’église ne peut créer la confusion que pour celui ou celle qui a une autre définition de la politique. Sinon la politique est la gestion de la cité pour le droit, inclus les droits de l’homme que ça soit en faveur des enfants ou des adultes. Il indique que l’un des plus grands défis dans ce pays est que les gens n’ont pas une définition claire de la politique. La politique c’est un mot étranger et avant que ce mot soit introduit au Burundi, le pays était gouverné sans parler de politique. Ajoute-t-il. Il dit que la politique est tout ce qui fait qu’on organise la société, que des gens puissent maximiser leurs potentiels pour le bien être de tous.
En tant que pasteur et Evêque de la communauté des églises ‘’Christian Oasis Center’’ il a déjà une responsabilité. Il a vu le cas d’un journaliste qui est devenu président, un sportif devenu président et des militaires qui sont devenus des chefs d’Etat. Il y a également des hommes d’affaires devenus parlementaires mais qui n’ont pas abandonnés leurs affaires. Quand on parle de politique il s’agit d’une responsabilité à laquelle on aspire parce qu’on est déjà responsable. ‘’ Je me suis réveillé en me posant la question de comment je pouvais contribuer aux meilleurs conditions de vie de mes compatriotes’’. Souligne-t-il.
Le manque et le chômage sont liés à la mauvaise gouvernance
Concernant le manque d’emploi et de chômage chez les jeunes, Dieudonné Nahimana considère que c’est beaucoup plus une question liée à la bonne gouvernance, la façon dont est conçue la politique pour le bien de tous et la gestion de la chose publique. Il dit que les gens ont tendance à dire que les jeunes sont en chômage parce que le gouvernement ne leur a pas donné du travail. Ce n’est pas de la sorte que ça marche selon lui.
Normalement le gouvernement n’est pas pourvoyeur d’emploi. Par contre, ce sont les sociétés, les entreprises et les industries qui doivent embaucher les jeunes. Indique-t-il. Toutefois, le gouvernement doit créer un environnement favorable à la création d’industries, des activités de développement et les entrepreneurs privés créent du travail pour les jeunes. Dieudonné milite toujours pour que tous les burundais puissent avoir du travail qui leur permettent de vivre décemment. Dit-il.
Par ailleurs, les fonctionnaires pèsent sur le gouvernement, ce qui fait qu’il n’y ait pas beaucoup d’initiatives privées. Les parents continuent de se battre pour garder leur travail ce qui fait que la jeunesse est toujours victime de cette situation.
Un député doit représenter les intérêts du peuple et non de sa provenance politique
Au cas où il est élu député, il dit qu’il porterait à un autre niveau ce qu’il fait déjà. Dieudonné Nahimana dit que le nœud ou la racine des problèmes actuels sont les lois qui ne sont pas bien élaborées. En deuxième lieu des lois existantes qui ne sont pas bien appliquées ce qui amènent des conséquences telles qu’on les voit aujourd’hui.
Il est loin de promettre la construction des routes ou d’amener du carburant comme certains candidats aux législatives le disent au cours de leur campagne. Ce n’est pas la responsabilité d’un parlementaire mais plutôt le rôle de l’exécutif. Les parlementaires représentent ceux qui les ont élus pour voter de bonnes lois et pour le contrôle de l’action gouvernemental dans la résolution des problèmes auxquels font face les burundais actuellement.
Le rôle des députés c’est de veiller à ce que les lois facilitent les investissements et à ce que les lois en vigueur soient respectées. Quand on parle de la corruption, ce n’est pas seulement une question de donner de l’argent à quelqu’un, c’est aussi passer à côté de la loi ou des personnes qui pensent qu’elles sont au-dessus de la loi.
Un parlementaire est élu par sa probité
Un parlementaire devrait être élu selon sa probité et ses valeurs intrinsèques mais actuellement les burundais élisent des listes de partis politiques. Quand on élit pour un parti, on n’élit pas pour une personne dont on connait ses valeurs. Par conséquent, il va rendre compte à la personne qui l’a mis sur la liste électoral et non aux votants. C’est pourquoi il milite pour que les indépendants puissent entrer au parlement car élus pour leurs capacités, leurs valeurs et leur niveau d’études et d’expériences. Tant que la démocratie évolue au Burundi, les burundais finiront par comprendre que l’élu est investi d’un mandat du peuple et non celui d’un parti politique dont il est issu.
Le terme honorable est utilisé à tord et à travers selon Dieudonné Nahimana. Un parlementaire est un honorable lorsqu’il est élu de part sa personnalité, son comportement et son excellent caractère. On ne devient pas excellence parce qu’on est élu ou nommé mais plutôt parce qu’on est excellent habituellement dans la société burundaise. C’est important de comprendre ce concept et c’est de là que la démocratie prend sa valeur selon lui.
‘’Une fois élu député, il pourra avoir accès à siéger au sein du parlement et avoir le privilège de poser des questions en rapport avec les préoccupations courantes du pays. Je pourrais proposer des solutions vu mon expérience’’. Dit-il. On peut trouver des solutions en proposant par exemple la suppression des dépenses inutiles telles que les dépenses allouées dans les voyages de certaines autorités.
Actuellement des institutions comme la vice-présidence et l’Ombudsman coûtent chères au pays. Il se pose la question de savoir si la vice-présidence est là pour protéger une ethnie ou si elle est utile. Au cas où elle serait utile, elle doit avoir un cahier de charge clair. Le rôle de l’Ombudsman est-il rentable ou améliore-t-elle les conditions de vie des burundais? La réponse doit aussi être claire. Ajoute-t-il.
Il fait un clin d’œil aux membres des différents partis politiques, aux indépendants et coalition de respecter les conseils qui ont été donné par le président burundais pour un comportement digne au cours de la campagne électorale en évitant les messages de haine et ceux incitant à la violence.
W.N.& E.N.
